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Démarche 

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Je suis attentif à l'effacement des présences humaines et à ce qu'elles laissent derrière elles.​ Une même question traverse mes différents projets. Qu'ils prennent appui sur un paysage, une histoire familiale, une personne ou un mot, je cherche ce qui subsiste après l'effacement. Créer est pour moi une manière de donner forme à une émotion et de transmettre des traces de vie.

Bio & contact

Silence

Les trois projets ci-dessous, Du sable dans les archives, Judhur et Athar trouvent leur origine dans une exploration de mon histoire familiale liée à l'Algérie. Les archives m'ont d'abord permis d'en retrouver des faits, des visages et des silences. Mais elles documentaient une histoire sans parvenir à traduire l'émotion que ces découvertes provoquaient en moi.J'ai alors cherché d'autres formes. D'une série à l'autre, le récit s'efface progressivement : les archives laissent place à un mot calligraphié qui me relie à mes aïeux et à des paysages qui portent leurs silences. Puis le mot lui-même devient illisible, jusqu'à ne laisser que le geste et la matière brute du henné et du charbon de bois.

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Le projet Du sable dans les archives (2022) est né du besoin de retrouver et de transmettre une histoire familiale liée à l'Algérie dont je ne connaissais que des fragments. Photographies et documents sont assemblés en strates successives. Des pictogrammes inspirés de l'arbre généalogique permettent de situer les personnes et de rendre visibles les liens qui les unissent. Entre histoire familiale et histoire collective, la série tente de relier ce que le temps avait dispersé et de transmettre les traces de ces vies.

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Avec le projet Judhur (2025) — « racines » en arabe — je voulais m'éloigner du récit documentaire pour transmettre autrement l'émotion liée à cette histoire. La découverte, dans les archives familiales, de la signature en écriture judéo-arabe d'un de mes aïeux m'a conduit vers la calligraphie. Je travaille autour d'un seul mot, Judhur, associé aux paysages désertiques d'Algérie. Le paysage et l'écriture prennent ainsi le relais des archives.

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Avec le projet Athar (2026) — « traces » en arabe — je poursuis cet effacement du récit. Même le mot qui subsistait dans Judhur disparaît progressivement. Son écriture est décomposée jusqu'à devenir illisible. Le sens ne passe plus par la lecture du mot mais par le geste et la matière : henné et charbon de bois. Je ne cherche plus à représenter une trace : je la fabrique.

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Sillage

Avant que mes projets ne se déplacent vers mon histoire familiale, mon regard s'était déjà porté sur des paysages marqués par le retrait d'une présence humaine. À l'écart est un projet autonome, réalisé à un moment différent. Je retrouve aujourd'hui dans ces images une même attirance pour les lieux dont l'usage ou la présence humaine s'effacent, mais où leurs traces demeurent.

A l'écart (2019). Les paysages d'Auvergne m'attirent par leurs étendues, leur faible présence humaine et le sentiment de solitude qu'ils font naître en moi. Routes presque vides, maisons fermées, burons isolés : je cherche les signes discrets d'une vie qui semble s'être retirée de ces lieux.

© 2026 by Stéphane Léage

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